Proposez votre slogan


Le meilleur slogan sera affiché sur le site web !

Dernières infos


2013-04-21

De Boston à Oslo en passant par Bruxelles , les guerriers identitaires en marche.



Qu’y a-t-il de commun entre les frères Tsarnaev, auteurs des récentes attaques sur le jogging de Boston, Anders Brehvik, auteur de la sanglante tuerie d’Oslo en juillet 2011, Mohamed Merah, auteur de crimes abominables à Toulouse et Montauban en mars 2012 ou encore l'incitation au djihad d’un groupe comme Sharia4Belgium ? En principe peu de choses sociologiquement parlant tant les déterminations contextuelles divergent. Et pourtant, ne peut-on tout de même s'avancer à formuler l'hypothèse d'une seule et même logique mentale de jeunes entrés en guerre identitaire. L'école de sociologie de Chicago nous a enseigné il y a déjà très longtemps le théorème de W.I. Thomas qui veut que "si les hommes définissent des situations comme réelles, elles sont réelles dans leurs conséquences". Alors qu'elles soient menées en faveur d’une version fantasmée de l’islam ou d'une défense d’une vision tout aussi fantasmée de l’Occident, ces guerres identitaires doivent être prises au sérieux et questionnées jusque dans les tréfonds de leur irrationalité apparente. S'il est biensûr encore trop tôt pour analyser par le menu les motivations des frères Tsarrnaev, nous disposons d'un recul raisonnable et d'une panoplie d'exemples dramatiques suffisamment étoffée pour affirmer que des guerriers identitaires, souvent très jeunes et bien entendu très minoritaires, se mobilisent dans des entreprises criminelles qui renvoient chaque jour davantage un peu plus vers l'utopie, l'idéal d’un interculturalisme apaisé dans les sociétés d'immigration européennes et occidentales.


Pour rappel, l’auteur de la tuerie d’Oslo du 22 juillet 2011 s’était présenté face à ses juges en soldat en guerre contre le multiculturalisme et l’islamisation de l’Europe. Evoquant les événements survenus dans sa commune en juin 2012, l’ex-Bourgmestre de Molenbeek , Philippe Moureaux, observait pour sa part : “Cet épisode dramatique me rappelle ce qu’un des membres de Sharia4Belgium m’avait dit le soir des émeutes, la semaine passée. C’est la guerre avec vous, m’avait-il dit, en me regardant droit dans les yeux». Au-delà de l’effroi suscité par la succession des confrontations et la répétition des violences, quel sens accorder à la stratégie de l’affrontement entretenue par certains individus, agissant isolément ou de manière groupusculaire, mobilisant la haine de l'islam ou son symétrique? Et jusqu’où la rhétorique martiale offre-t-elle un cadre d’interprétation pertinent de ces conflits ? La violence, physique et verbale, que mobilisent les extrémistes de droite ou les partisans de l'action violente d'inspiration islamique, augure-t-elle au sein de nos villes européennes les « guerres civilisationnelles » envisagées par Huntington ou ces « guerres culturelles » dont l’ultraconservateur américain Pat Buchanan croyait voir l’avènement dans l’Amérique des années ‘90?


Si des lignes d’affrontement sont tracées, elles le sont moins dans la réalité des vécus quotidiens que dans les imaginaires. Fort heureusement ! Car même si des tensions importantes existent, les relations interculturelles dans la vie quotidienne se déroulent le plus généralement sur un mode apaisé et plus souvent qu'on ne le croit sur le mode de la coopération et du respect. Mais force est d'observer que les factions qui entretiennent un imaginaire et un discours de la confrontation nous ont conduits, progressivement mais inexorablement, d’un dialogue des extrêmes à une volonté d’en découdre. L’idée de la guerre culturelle est en réalité une mystification entretenue par ceux qui l'alimentent et s’en abreuvent en retour. Et ce n’est probablement pas un hasard si, en Belgique, les porte-voix de la ‘République des satisfaits’ dont parlait J.K. Galbraith, en viennent à identifier Molenbeek, à la fois comme frontière et ligne de front. Inutile de dire combien cette configuration piège les voix de la modération, tant parmi le courant majoritaire qu'au sein de la population de culture et/ou de confession musulmane. Elle tend d’ailleurs à homogénéiser des centaines de milliers d’individus aux appartenances naturellement multiples et à imposer comme allant de soi une grille de lecture réduisant l'identité au monolithe inamovible d'une appartenance confessionnelle.


Dans le cas de l'islam et des musulmans de Belgique, la logique fantasmée des guerriers identitaires se déploie sur fond d'un encadrement communautaire faible, fragile, voire carrément défaillant. Dans un contexte où l’actualité nationale et internationale alimente, par ailleurs, des représentations hostiles et une incompréhension croissante entre musulmans et non-musulmans, une série d’élites et de jeunes leaders, souvent nés en Belgique, ont tenté au cours des dernières années de construire des nouveaux acteurs collectifs à partir d’un référentiel identitaire non plus simplement immigré ou lié à la nationalité des parents mais musulman. Leur objectif commun consistait à tenter de traduire les aspirations de cette population en décisions politiques et à lutter contre la perception d’une islamophobie grandissante au sein de la société belge. Ce passage au politique, pour diversifié qu’il soit, est jalonné d’une kyrielle d’expériences d’une rare inefficacité. Des choix stratégiques hasardeux et des méthodes d’action expéditives ont conduit au naufrage de toute une série de ces leaders, et pour certains à leur auto-sabordage sur la place publique, avec à chaque fois pour conséquence un isolement plus important de la population dont ils ambitionnaient de réduire l’impuissance. Les catégories sociales autochtones qui, hier encore, se solidarisaient dans l’enthousiasme avec les travailleurs immigrés et leurs enfants, sont aujourd’hui moins nombreuses à comprendre ceux, parfois les mêmes, qui veulent aujourd’hui être reconnus dans leur différence religieuse musulmane mais qui se révèlent incompétents à assurer la moindre pédagogie de leur cause.


Si l’échec des leaders musulmans des dernières générations est patent, il ne piège pas seulement le courant majoritaire de ces communautés. Ce qui est moins souvent relevé, c’est qu’il piège aussi profondément la gauche. Si l’on peut admettre que l’essence de la gauche est une quête permanente d’égalité et de justice sociale, elle ne peut alors se satisfaire comme elle le fait trop souvent de se positionner sur les effets sans mobiliser parallèlement toute sa force sur l’éradication des facteurs qui alimentent le malaise des quartiers populaires où s’entasse une population musulmane au sein de laquelle près d’un individu sur deux vit en dessous du seuil de pauvreté.  Rien n’est moins naturel pour la gauche que de dénoncer ceux qui, se croyant inspirés par la providence, mystifient les victimes et naufragés de la vie moderne dans les grands centres urbains pour les conduire dans des confrontations maladroites et sans issue. Mais, à l’opposé, penser que le défi de la reconnaissance de ces minorités est soluble dans un parcours d’intégration, plus ou moins obligatoire, est au mieux une douce rêverie. Aucune perspective de solution au défi de la citoyenneté des nouveaux venus ne pourra faire l’économie de la vraie mobilisation qu’on est en droit d’attendre de la gauche : celle qui conduira à anéantir ce système de domination pernicieux et complexe, à la fois territorial et groupal, qui alimente la disponibilité à la révolte d'individus dont le lieu géométrique est moins le dogmatisme religieux que le sentiment de vivre dans l’humiliation. Comme le pacte scolaire a su clore la guerre scolaire, un grand pacte interculturel, capable de faire reculer effectivement et définitivement les discriminations, la peur et le rejet, ne sera pas un luxe pour éviter qu’à l’avenir le mythe des guerres culturelles ne s’impose durablement dans notre pays dans l’ordre du réel. 


Hassan Bousetta
Sénateur PS

Conseiller communal à Liège
Enseignant et chercheur à l’ULg






2013-02-15

POLEMIQUE - Mise au point concernant mes propos sur l'islamisme en Tunisie dans le dossier du groupe Sud Presse


Complément d'information sur cet article.

Depuis vendredi, j'ai reçu un certain nombre de réactions négatives suite à la parution dans l'ensemble des quotidiens du groupe Sud Presse d'un dossier concernant Walid Bennani, représentant à l'assemblée nationale constituante tunisienne et ancien résident belge en qualité de réfugié. Ces réactions me sont adressées pour le propos, pourtant assez bref, que j'y développe. J'ai en effet bien volontiers accepté de répondre à une demande d'interview pour évoquer la montée en puissance d'Ennahda dans la Tunisie post-Ben Ali.

Comme je le fais régulièrement pour cette publication comme pour d'autres, je tente, à chaque fois qu'on me sollicite, d'apporter un éclairage sur ces questions difficiles de diversité culturelle et religieuse, de la présence musulmane en Europe, des évolutions du monde arabe, etc. Dans ce genre d'exercice, ma démarche est à la fois académique, par ma profession, et citoyenne, par mes engagements. Elle n'est pas strictement scientifique; la communication scientifique ayant ses propres règles. Elle est toujours motivée par une démarche pédagogique visant à déconstruire les préjugés, évaluer la portée des discours et chercher les voies d'une coexistence citoyenne qui apaise les tensions interculturelles.

Sans vouloir ajouter de l'inquiétude à l'alarmisme, je dois bien regretter que les réactions vont dans un sens radicalement opposé à ma démarche. Elles vont de l'incompréhension à l'insulte en passant par la menace de poursuites judiciaires. Il m'a donc semblé nécessaire de formuler ici une brève réponse dans la sérénité pour clarifier le sens de mon intervention.

Pour la clarté des choses, j'ai accordé cette interview en plaçant d'emblée et très explicitement deux balises. La première était que je n'aurais rien à dire sur la personne de Walid Bennani ni sur son action politique personnelle. Il s'agit d'un responsable politique tunisien que je ne connais pas et à propos duquel je ne peux décemment exprimer aucune opinion. Mon intervention ne le concerne donc pas directement.

La deuxième balise que je souhaitais placer est que l'interview ne puisse servir une couverture qui alimente un quelconque fantasme alarmiste sur les musulmans ou une forme quelconque d'islamophobie. A cet effet, j'ai rappelé que le radicalisme, quand bien même il a des conséquences larges au sein des sociétés, est un fait minoritaire dans la communauté musulmane de Belgique comme ailleurs.

De ce point de vue, la titraille n'a pas contribué aux débats que le contenu journalistique amène. Le journaliste, que je connais et apprécie pour la qualité des dossiers qu'il a déjà consacrés à la communauté musulmane liégeoise, m'avait d'ailleurs prévenu que l' "emballage" ne relève pas de sa responsabilité.

La position que j'exprime dans le premier paragraphe de mon intervention est celle qui m'est le plus reprochée. Elle ne me paraît pas choquante en soi si l'on tient compte de la première balise que j'ai posée. Pour être parfaitement précis, elle se situait dans le cadre d'un développement général sur la notion de protection et de solidarité. Je dois bien reconnaitre que je n'ai pas connaissance de positions prises spécifiquement contre la Belgique par M.Bennani. Lors de l'entretien, j'ai le souvenir d'avoir analysé la situation de manière générale et évoqué le cas d'autres réfugiés dans d'autres circonstances.

Concernant la position critique que j'énonce au sujet du parti Ennahda et les limites que ce parti a montré dans la gestion de l'ordre et la sécurité depuis son accession aux principaux postes à responsabilités du gouvernement tunisien, je n'ai évidemment pas une virgule à retrancher.








2013-01-28

En multipliant par deux les expulsions de citoyens européens entre 2011 et 2012, la Belgique fragilise la liberté de circulation au sein de l'UE




En réponse à une question parlementaire écrite adressée par le Sénateur PS Hassan Bousetta (n°5-7390 du 23 novembre 2012), Madame Maggie De Block, Secrétaire d'état pour l'asile, la Migration, l'intégration sociale et la lutte contre la pauvreté, informe que la Belgique a multiplié par deux les expulsions de citoyens de l'Union européenne en 2012. Ce sont pas moins de 1.917 citoyens de l'Union européenne qui se sont vus privés d'un titre de séjour en Belgique alors qu'en 2011, ce chiffre s'élevait à 965 unités.


Les personnes concernées par ces décisions sont celles qui représentaient une charge déraisonnable pour le système de sécurité sociale. Les principales nationalités concernées sont les Roumains (623 personnes), les Espagnols (270), les Bulgares (235) et ... les Français (123) et Hollandais (120).

A l'été 2012, Radio Monte Carlo s'était déjà ému de cette situation (cf. ici). Attentif à cette question, le Sénateur Bousetta dénonce le recours excessif à cette pratique administrative qui contribue à fragiliser le principe de libre circulation des citoyens de l'Union européenne de manière significative.

Une liberté fondamentale au sein de l’Union européenne est en effet la libre circulation des personnes. Il s’agit d’un attribut essentiel à la citoyenneté européenne qui devrait être un des objectifs prioritaires des politiques de l’Union.

Selon le rapport du 24 mars 2009 sur l'application de la directive 2004/38/CE relative au droit des citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres (PE 418.397v02-00), « La protection de la libre circulation (qui fait partie intégrante du statut de la citoyenneté européenne) telle que garantie par le droit de l'UE et développée par les cours communautaires constitue un élément central des attentes des citoyens de l'UE à l'égard de l'Union. C'est au cours de la phase de transposition nationale qu'il convient de faire preuve du plus grand soin et de la plus grande attention afin de veiller à ce que le pouvoir discrétionnaire des Etats membres et l''exceptionnalisme' (à savoir, les exceptions aux droits fondamentaux européens) n'excèdent pas le niveau de protection défini par l'ensemble commun des garanties et libertés envisagé par le régime juridique de l'UE. L'incapacité des structures et mécanismes d'exécution actuels à assurer dûment une transposition correcte et dans les temps du droit de l'UE pour un aspect aussi fondamental de l'identité européenne que la liberté de circulation, est tout simplement inacceptable pour la légitimité et la réputation du projet de l'UE dans son ensemble.».

Selon la loi belge du 15 décembre 1980 sur  l'accès au territoire, le séjour, l'établissement et l'éloignement des étrangers (ci-après, la loi), tout citoyen de l'Union a le droit de séjourner dans le Royaume pour une période de trois mois au maximum s'il remplit [en outre]
les conditions suivantes :

 « 1° (…)
  2° ou s'il dispose pour lui-même de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'aide sociale du Royaume au cours de son séjour, et d'une assurance maladie couvrant l'ensemble des risques dans le Royaume;
  3° (…)
 »  (article 40 de la loi).


Sur base de l’article 41ter de la loi, « … le ministre ou son délégué peut mettre fin au droit de séjour du citoyen de l'Union qui lui est reconnu sur la base de l'article 40, § 3, lorsqu'il constitue une charge déraisonnable pour le système d'aide sociale du Royaume… ». Le texte de cet article 41ter offre donc au ministre une faculté d’agir et non une obligation.


Pour le Sénateur PS Hassan Bousetta, il est impératif que la Belgique ne sacrifie pas ses obligations européennes sur l'autel d'une politique migratoire aveuglément défensive.






2012-11-16

Une intervention dans le Morgen du 16/11/2012


Complément d'information sur cet article.
 




2012-10-05

Mon local de campagne évoqué par Le Soir (5 octobre 2012)


Complément d'information sur cet article.

Le QG, bien plus qu'un gadget

De plus en plus de candidats aux communales ouvrent un QG de campagne personnel. Il s'agit parfois de simples vitrines électorales. Mais parfois aussi de redoutables machines de guerre politique. Trois cas de figure, à Liège.


C'était un salon de coiffure. Ce sera bientôt un magasin de macarons. Le local de campagne d'Anne Delvaux, 2e sur la liste CDH, à Liège, est à un jet de pierre de l'hôtel de ville, rue des Mineurs… L'ex-journaliste, députée européenne, y passe « le plus souvent possible, pratiquement tous les jours », assure François Cobion, l'un de ses jeunes colistiers, qui assure la permanence avec un autre militant, encore plus juvénile.


Le local est lumineux. Des portraits géants d'Anne Delvaux barrent la vitrine. A l'intérieur : deux tables blanches, deux PC portables. Le mur du fond, où sont fixés les grands miroirs de l'ex-salon de coiffure, vient d'être repeint en orange. Tous les jeudis soir, le local fait le plein, à l'occasion d'un « apéro urbain » hebdomadaire, suivi d'un débat thématique. Une affichette prévient que les boissons sont facturées 0,50 euro car « la loi ne permet pas aux candidats d'offrir des boissons durant la campagne ».


Anne Delvaux a tenu à ouvrir ce QG de campagne dès septembre, sur les conseils d'un vieux briscard de la politique locale, Jean-Pierre Grafé. Gadget électoral ? « Pas du tout ! J'habite le long de la route du Condroz, loin du centre. Mais je tenais à mener campagne au cœur de la ville, à être accessible. Je ne suis pas élue sortante, au conseil ; c'était, pour moi, un moyen idéal d'être confrontée aux réalités de la cité. Cela a changé mon regard. J'ai compris, par exemple, à quel point on peut se sentir insécurisé à Liège. La police a chassé les toxicomanes de la place Saint-Lambert ; ils se retrouvent dans les petites rues adjacentes, ils dealent sous nos yeux. Une réalité que je ne percevais pas. »


Anne Delvaux aura consacré 1.000 à 2.000 euros à son QG de campagne, d'août à octobre. Une expérience qu'elle entend prolonger, en investissant un local à long terme. C'est précisément l'expérience que vit, non loin, en Féronstrée, le sénateur Hassan Bousetta, 16e sur la liste PS. Autre style, ici : le QG du sociologue est tout en longueur. Un couloir bardé d'affiches engagées et d'étagères fournies… Face au bureau d'accueil, un portrait géant de Nelson Mandela. Plus loin, deux longues tables, dont un simple panneau posé sur trois chaises, sont couvertes de courriers électoraux. Ils seront distribués par les militants, dans les prochains jours.


« Dimanche, nous dit l'un d'eux, Ahmed, on se retrouvera à une vingtaine, ici, pour aller "tracter" sur le marché de la Batte. » Hassan, un autre permanent, acquiesce : « On lui prête main-forte parce qu'on croit en lui. Dans le village dont nous sommes originaires, Fraipont, on l'appelait déjà "le président", quand il était ado. On est convaincu, depuis toujours, qu'il peut changer les choses. »


Le QG est une ruche. Un état-major qui, affichage compris, coûte environ 700 euros au candidat, de juillet à octobre. Des milliers de lettres nominatives sont prêtes à être déposées dans les boîtes aux lettres des électeurs potentiels : « Nous avons sélectionné 15.000 adresses, confie Hassan Bousetta : Tous les Liégeois qui habitent les grands axes des quartiers populaires et tous ceux qui sont appelés à voter pour la première fois. C'est à eux que je m'adresse en priorité. Avec une pensée pour celles et ceux, toujours plus nombreux, qui sont en détresse sociale. C'est parfois très dur d'y faire face : j'y étais peu préparé, comme scientifique… »


Autre style encore au QG de campagne des candidats réformateurs Katty Firquet et Gilles Foret, dans le quartier du Jardin botanique, face à l'entrée des HEC. Là encore, des portraits géants barrent la vitrine, mais la porte est close. A l'intérieur : six tables hautes rehaussées d'un photophore bleu, cinq casiers de Jupiler entamés, pas une âme. « Je n'ai pas les moyens d'assurer une permanence, admet Gilles Foret. Mais c'est plus qu'une simple vitrine : nous y organisons l'une ou l'autre réunion avec les candidats du quartier. Je ne suis ni sénateur ni député européen ; tout ce que je gagne en politique y est modestement réinvesti… »


Son simili-QG lui coûte 200 euros par mois. Plus 200 euros pour les autocollants géants à l'effigie des candidats. Qu'il faudra veiller à remplacer : une vilaine moustache défigure la députée provinciale Katty Firquet. Pas sûr que le solvant en vienne à bout sans dissoudre aussi l'adhésif…

RICARDO GUTIÉRREZ